Julien Bonhomme est DJ et producteur, entre Paris et Marseille. Il a commencé à mixer il y a une vingtaine d’années, à une époque où trouver un disque demandait encore de sortir de chez soi.

Ce qui frappe d’abord chez lui, ce n’est pas le style : c’est l’oreille. Une culture musicale large et précise, une attention obsessionnelle aux instruments, aux fréquences, aux hauteurs, aux harmonies. Là où beaucoup enchaînent des titres, il construit un paysage. Chaque élément a sa place dans l’espace, chaque pulsation est posée, rien n’arrive par accident.

Sa recherche tient en une phrase : faire une musique qu’on ressent avant de l’écouter. Le son traité comme une matière, le rythme comme quelque chose de physique, l’harmonie comme une architecture. Un set n’est pas une playlist bien choisie — c’est une durée qu’on tient, une tension qu’on installe et qu’on ne lâche plus.

Cette exigence a un passé. Il y a eu Frogg : des années de scène et d’edits taillés pour le dancefloor, une manière de faire se percuter Aphex Twin et Serge Gainsbourg sans demander la permission à personne. Puis Cat Anderson, plus nocturne, plus long, plus construit — les mixes Blue Pill, une heure et quart d’affilée, tenus de bout en bout.

Ces noms n’ont pas disparu : ils ont fait leur travail. Aujourd’hui le projet ne s’abrite plus derrière un pseudonyme, parce qu’il n’y a plus de personnage à défendre. Reste le musicien.

Club, festival, rooftop, hôtel, événement privé : Julien joue devant des publics très différents sans changer d’exigence pour autant. Il adapte l’intensité, jamais le niveau.
